A la fin du XIXème siècle, la tuberculose est une priorité de Santé Publique en France. En 1882 le Docteur Antoine ARMAINGAUD (1872-1935), fonde la Ligue anti-tuberculeuse française, la même année que la découverte par Robert KOCH du bacille responsable de la maladie ; en 1919, il devait être également à l’origine du Comité National de la défense contre la Tuberculose.

En 1917, le Professeur Xavier ARNOZAN (1852-1928), Adjoint au Maire de Bordeaux délégué à l’Hygiène Publique présente au Conseil Municipal de Bordeaux un rapport alarmant sur la situation de la Lutte anti-tuberculeuse dans l’agglomération bordelaise.

Le 18 avril 1918, la Fédération Girondine des Œuvres anti-tuberculeuses est créée et la ville de Bordeaux achète l’ancien Sanatorium Girondin dont le poste de Médecin chef sera confié au Professeur Eugène LEURET (1878-1965), l’un des premiers à introduire en France la méthode du pneumothorax thérapeutique et la chirurgie thoracique.

Le 5 janvier 1921, la Fédération est reconnue d’utilité publique et a pour objectif d’organiser et de diriger bénévolement la Lutte anti-tuberculeuse en Gironde dans les domaines de la prévention, du traitement et de la réadaptation des malades.

Son premier Président est Georges PHILIPPART Maire de Bordeaux assisté du Professeur ARNOZAN et du Professeur LEURET. La Fédération regroupe à cette époque toutes les œuvres et collectivités qui concourent à la lutte anti-tuberculeuse dans le département.

En 1922, la Fédération crée à l’Hôpital Saint-André le Centre anti-tuberculeux chargé d’assurer sur place des consultations gratuites. Elle dirige et coordonne également l’action des dispensaires implantés dans toute l’agglomération bordelaise.

En 1923, la Gironde vient au cinquième rang des départements français en nombre de dispensaires. La Fédération reprend un sanatorium, établissement de 70 lits, propriété du Comité Girondin d’assistance aux anciens militaires tuberculeux situé à Lège sur les bords du bassin d’Arcachon. Elle en achève la construction grâce à l’aide d’une bienfaitrice Madame WALLERSTEIN et l‘ouvre aux jeunes femmes de 15 à 40 ans atteintes de tuberculose pulmonaire « fermée », c’est-à-dire peu contagieuses et de tuberculose ganglionnaire ou osseuse. La même année, consciente du risque de contagion des jeunes enfants (âgés de moins de cinq ans) vivant dans des  familles dont un membre est tuberculeux, la Fédération crée un aérium dans les locaux d’une ancienne crèche située dans le Médoc à Cantenac, « Le Nid médocain ». Pour les enfants plus âgés exposés au risque de tuberculose, la Fédération girondine organise des placements dans des familles d’accueil et finance leur envoi dans des colonies de vacances organisées par des œuvres publiques ou privées.

En 1931, la Fédération gère 16 dispensaires départementaux dont la moitié lui appartient en propre. La Fédération assure le financement de ces dispensaires par les crédits provenant de la municipalité bordelaise, des subventions de l’Etat, des dons des communes et du produit des souscriptions qu’elle recueille. La Fédération favorise également la création d’établissements de soin et de prévention et apporte sa contribution financière à l’agrandissement du Sanatorium de Feuillas (futur hôpital Xavier Arnozan).

En 1953, le Centre anti-tuberculeux quitte l’Hôpital Saint-André. La Sécurité Sociale bâtit rue des Treuils un Centre anti-tuberculeux pilote mis à la disposition de la Fédération, et dont il deviendra le nouveau siège.

L’arrivée de nouveaux médicaments actifs (l’INH (Rimifon), la Streptomycine, l’Ethambutol, la Rifampicine) vont avoir une efficacité telle qu’on peut envisager de guérir la tuberculose par des traitements courts et ambulatoires. Cela entraîne la fermeture progressive de tous les sanatoriums. Simultanément, l’obligation vaccinale par le BCG pour les enfants rend progressivement inutile les préventoriums et les aériums.

En 1958, le Professeur Paul FREOUR succède au Professeur Ferdinand PIECHAUD à la tête de la Fédération avec comme Vice Président le Professeur Roger TESSIER. Ils décident de donner à la Fédération une nouvelle orientation. Ce sera la lutte contre les bronchopathies chroniques que l’on appelle alors l’insuffisance respiratoire chronique obstructive en augmentation croissante à partir des années 60.

En 1961, une consultation destinée aux bronchopathies chroniques ouvre au Centre de la rue des Treuils devenu Centre Ferdinand Piéchaud. Assurée par des médecins pneumologues vacataires, elle est gratuite pour les patients bénéficiant de l’aide sociale et les pensionnés militaires.

Le 27 juillet 1971, la Fédération adopte de nouveaux statuts et devient la « Fédération Girondine de Lutte contre les Maladies Respiratoires » (FGLMR).

En 1972 viennent progressivement s’ajouter des consultations anti-tabac et d’allergologie, l’asthme devenant aussi peu à peu une maladie respiratoire de premier plan. Jusqu’aux années 1980, le recrutement des consultations connaît une pente ascendante.

La Fédération est aussi amenée à reconsidérer l’orientation du recrutement du « Nid médocain ». Seront admis des jeunes enfants victimes de difficultés de développement, rachitiques ou atteints de cardiopathies ou de maladies chroniques.

En 1977, finalement, il est décidé que l’établissement sera doté de deux sections : une section pouponnière à caractère sanitaire recevant des enfants débiles de moins de trois ans et une section spécialisée recueillant des enfants encéphalopathes âgés de 3 à 12 ans qui deviendra au fil des ans l’unique orientation de l’ancien aérium.

En 1979, la Fédération crée une section d’assistance ventilatoire à domicile, l’AVAD destinée à fournir en oxygène les patients atteints d’insuffisance respiratoire grave. L’AVAD va progressivement se développer non seulement en Gironde mais dans tous les départements aquitains.

En 1982, l’ancien sanatorium de la Pignada est reconstruit et transformé en un centre moderne de réadaptation pneumologique et cardiologique. On y accueille même les patients ayant subi une greffe pulmonaire.

En 1989, après la fermeture de  tous les dispensaires anti-tuberculeux, la Direction Solidarité Gironde du Conseil Général demande à la Fédération Girondine, du fait de la recrudescence du nombre de cas de tuberculose en relation avec le développement du SIDA, d’héberger une partie de ses locaux pour y installer le nouveau dispensaire départemental anti-tuberculeux qui aura des antennes dans les différentes villes du département. Ce dispensaire va fonctionner sous forme de consultations gratuites assurées par des pneumologues vacataires et comme centre vaccinateur pour le BCG.

En 1993, le nouveau Président de la Fédération, le Professeur Gilbert COURTY propose au Conseil d’Administration d’envisager un transfert du Nid médocain dans un lieu plus proche de Bordeaux. En effet, une meilleure prise en charge des jeunes enfants infirmes moteurs cérébraux placés a eu pour conséquence une réduction de la mortalité avec pour corollaire un allongement de leur espérance de vie. Désormais, c’est plus à de grands enfants et même à des adolescents atteints de polyhandicap cérébral et moteur que le personnel médical et infirmier de l’établissement a à faire. L’établissement est transféré à Blanquefort. En 2005, le Nid Médocain s’installe dans ses nouveaux locaux et devient l’Archipel Aliénor.

Le 24 juin 2002, le Professeur André TAYTARD, chef du service des maladies respiratoires au CHU de Bordeaux devient Président de la Fédération Girondine de Lutte contre les Maladies Respiratoires ; il estime nécessaire d’adapter les activités de la Fédération au nouveau contexte médico-social dans lequel elle doit agir.

En 2010, l’Archipel Aliénor, dont l’activité s’est éloignée des orientations de la Fédération, est transféré à une association plus à même de prendre en charge ces jeunes malades.

L’AVAD devenue une société commerciale dont la Fédération reste l’unique actionnaire, poursuit plus librement son développement toujours centré sur les insuffisants respiratoires mais qui a maintenant aussi pour cible les patients atteints d’apnées du sommeil non seulement sur le territoire français mais aussi au sud de la méditerranée.

Une nouvelle page s’ouvre pour écrire la suite de l’Histoire de la Fédération qui poursuivra, pour les prochaines années, 4 objectifs dans le domaine respiratoire :

- l’information et la formation
- la recherche
- le soin
- l'aide aux malades

 

Les Présidents

1918

Professeur Xavier ARNOZAN
du 29 avril 1918 au 24 juillet 1928

1928

Professeur Clément SIGALAS
du 24 juillet 1928 au 12 novembre 1943

1943

Professeur Eugène LEURET
du 12 novembre 1943 au 9 janvier 1946

1946

Docteur Henri SECOUSSE
du 9 janvier 1946 au 23 février 1953

1953

Professeur Ferdinand PIECHAUD
du 23 février 1953 au 18 février 1958

1958

Professeur Paul FREOUR
du 18 février 1958 au 13 décembre 1993

1993

Professeur Gilbert COURTY
du 13 décembre 1993 au 24 juin 2002

2002

Professeur André TAYTARD
depuis le 24 juin 2002

 


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